Autobiographie Extrait 4

suite ...

         En août je m'installe chez mon futur mari. Enfin une vie tranquille sans le beau-père sur le dos. Une vie à deux.

         Un mois plus tard, nous recueillions une petite chatte que des gens donnaient. Elle était noire avec une petite tache blanche sur le ventre et au cou. Elle avait environ trois mois, s'appelait Bagherra, elle était adorable. Elle était indépendante et la nuit quand elle n'allait pas dehors, elle venait dormir sur mes pieds.

        

         En septembre, je fus contactée par l'A.N.P.E* de Lagny-sur-Marne, pour un poste d'agent de fabrication. Ce n'était pas ma formation initiale mais j’acceptai ce poste. Je fus formée par J.Ch. pendant trois semaines.

 

*A.N.P.E Agence Nationale pour l'Emploi

 

J'ai pris des notes et suivi attentivement les instructions. Vous savez, se retrouver à l'usine au lieu d'un poste de secrétariat, ça change tout ! Puis j'ai aimé travailler « seule » dans mon local, sur une fraiseuse à commandes numériques. Je recevais du bureau d’études les nomenclatures des pièces à graver. Je transposais ces plans sur mon écran de contrôle de la fraiseuse afin que celle-ci puisse les graver sur la matière première. Puis je préparais cette matière première aux dimensions demandées. La fraiseuse travaillait en « solitaire » pendant que je vérifiais sur d’autres pièces gravées, les ébarbures. Pour finir je les mettais en sachet pour le magasin avant de partir pour l’atelier ! Au début c'était un emploi destiné à mi-temps, ce qui m'a permis d'apprendre beaucoup et de prendre des initiatives...

         Le lendemain de Noël, je me rends à mon travail, très fiévreuse, mais le devoir m’appelait. Après déjeuner, « mon instructeur » me dit :

         - Rentre chez toi pour te soigner.

         Bien joué, j'avais la grippe. Je suis restée du mardi soir au jeudi matin, « clouée » au lit, à ne pas pouvoir me lever, tout juste pour aller aux toilettes et encore. Je mangeais à peine la soupe que mon mari me préparait et je me rendormais aussitôt.

         Ensuite je repris mon travail et courant janvier, je demandais à mon chef ainsi qu'à mon patron de travailler à plein temps. Ce qui a été accepté car il y avait suffisamment de travail pour le passer à plein temps. J'y faisais aussi l'enregistrement sur informatique des temps de gravure pour le service achat.

        

         Cette année là, je prenais chez moi, la petite chienne Lady. Un caniche noir que mes parents avaient. Mon beau-père mal traitait cette chienne, il lui donnait des coups de pieds dans le ventre. Il l'enfermait dans la cuisine, ce n'était pas une vie pour un animal. Alors quand je l'ai prise avec nous, elle était plus heureuse. Certes, elle dormait dans la cuisine la nuit mais le jour elle pouvait aller et venir comme elle voulait. Elle était souvent au jardin aussi.

 

         On se maria en octobre 1990. Ma plus grande joie fut d'avoir mon parrain et ma marraine, venus tout spécialement de Los Angeles pour le mariage de leur filleule. Quel beau souvenir, dommage que je ne puisse pas les voir plus souvent. Et comble de bonheur, c'est mon parrain qui a eu la jarretière de la mariée, super non ? Tout devait être parfait, mais, parce qu'il y a un mais... Mon grand-père était aussi de la fête, il semblait bien. Même le lendemain il a mangé avec nous, dehors en chemise, il y faisait environ trente-cinq degrés. Malheureusement la maladie réapparue peu de temps après... Un heureux événement eu lieu quelques jours avant son décès. Après des années de recherche, ma mère retrouva le fils de papy, issu d'un premier mariage. Et se fut une rencontre émouvante et triste à la fois. Il put partir en paix.

 

(...)

 

La vieillesse avait accaparée la petite Lady, vous vous souvenez ? Elle n'avait plus la force de « demander » pour sortir faire ses besoins. Elle « s'appuyait » sur un pied de chaise ou de table et dans sa fin de vie elle s'oubliait souvent. Ce fût très douloureux de la voir comme cela, et nous avons préféré abréger ses jours avant qu'elle ne souffre davantage. Avec mon mari, nous avons assisté à l'examen, je dirai de « pré fin de vie », c'est à dire que le vétérinaire a fait une première piqûre pour l'endormir. Ce qui provoque un balancement de l'animal, comme s'il était saoul, puis il s'écroule sur le côté et a le syndrome du serpent. J'explique. Sa langue sort totalement de sa bouche comme assoiffé. Dans ce cas, vint le coma. On pratique alors une deuxième injection quelques heures plus tard, pour laisser partir l'animal en paix. Elle nous regardait d'un air malheureux comme si elle ne voulait pas nous quitter. Ce fut pour moi une grande perte.

         Pendant plusieurs mois, je rêvais la nuit, que je voyais ma chienne tenue en laisse, promenée par quelqu'un d'autre. Dans ce rêve, elle me regardait d'un air qui voulait dire :

         - Ne me laisse pas, emmène-moi avec toi.

         C'est horrifiant, j'avais l'impression qu'elle n'était pas morte et que quelque part, elle voulait m'adresser un message.

 

(...)

 

La naissance de mes enfants fut les plus beaux moments de ces dix années. En 1991 j'ai l'heureuse chance d'attendre mon premier enfant. Ma grossesse se passe difficilement et on me fera passer plusieurs échographies ainsi que des monitorings pour surveiller la croissance du bébé.

         Quelques semaines avant d'accoucher, le berceau était prêt. Un jour, je surprends Bagherra couchée dedans sur le plaid. Alors j'ai essayé de lui faire « comprendre » qu'elle ne devait pas monter dans le berceau, et depuis elle n'y est jamais revenue ! Par contre, elle adorait dormir dans la journée sur mes genoux contre mon ventre. Elle ronronnait ce qui faisait bouger davantage le bébé.

         C'est en février 1992 qu'il vit le jour. Après avoir petit à petit pendant neuf heures, (le bébé faisait « bouchon » avec le col en bougeant) perdu les eaux, mon mari m'emmène à la maternité. On m'installe dans une chambre en attendant que le travail commence. Vers minuit on me met en salle de travail, on me pose la péridurale et quelques heures plus tard c'est la délivrance.

         C'est un garçon. On l'appela R. C'est un beau petit bébé de deux kilos cinq cent quatre-vingts grammes pour quarante-cinq centimètres. J'avais décidé de l'allaiter mais ce fut un « parcours du combattant », car ce petit « chameau » ne voulait pas téter.

         Il est né avec un handicap. Il a un pied bot et un pied convexe. Il avait à peine dix heures de vie, que l'équipe médicale me « l'enlevait » déjà pour lui faire des soins approfondis à l'Hôpital A. Trousseau à Paris. Quand je le « retrouvais » quelques heures plus tard c'était avec bonheur.

         A la sortie de la maternité, nous avons tous deux été transféré dans cet hôpital, pour quelques jours, afin de lui poser des attelles. Ceci pour lui remettre au mieux possible les hanches dans leur axe initial et de redresser les pieds. Arrivés à l'hôpital, les infirmières me proposent l'allaitement mixte pour commencer. C'est à dire que je tirais mon lait avec un tire-lait, puis s'il n'y en avait pas assez, on lui donnait un biberon de lait maternisé. Malgré tout ça, je l'aimais très fort.

Et voilà que ma mère me reproche d'avoir eu six ou sept échographies, plus des monitorings assidus pendant ma grossesse pour mettre un enfant « anormal » au monde ! Elle pouvait parler ainsi ! Je suis l'aînée de quatre enfants, dont un hélas, qui est décédé, cela ne l'a pas empêchée d'avoir d'autres enfants après moi !

 

(...)

 

Puis on a voulu un deuxième enfant deux ans après R. nous avions pris toutes les précautions médicales, afin que cet enfant n'est pas les mêmes problèmes que son frère et son père. Mais malheureusement j'ai fait deux fausses couches à huit semaines proches l'une de l'autre. Et cet enfant c'est fait attendre. Finalement une grossesse débuta en 1996 et se mena jusqu'au bout. Dieu merci.

         Cette fois-ci, ce fut une petite fille à peine plus grosse que son frère. Elle était si belle à voir, j'étais heureuse de ma petite C. Médicalement, elle n'avait rien d'anormal. Juste à l'âge de quatre à six mois, elle a dû porter un harnais à cause d'une luxation aux hanches.

         En rentrant de la maternité, deux ou trois jours après, alors que nous étions à table, R. entendit sa soeur pleurer dans son lit. Sans que je n'aie eu le temps de me déplacer, il alla la chercher pour me l'apporter. Mais voilà, il la tenait comme un polochon sous le bras, il y avait sous ses pieds du marbre...

A ma grande panique, j’hurlasse de peur :

         - Ne bouge surtout pas chéri.

Il resta là et se mit à pleurer. Je le réconfortai en lui disant que ce n'était pas grave, mais qu'il devait m'attendre avant de la porter. Depuis ils sont encore plus proches et toujours très complices, R. protège sa soeur de près.

 

à suivre...

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Dernière mise à jour de cette page le 21/02/2006
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